Design
Retour à De Trip
à la Dutch Design Week

Photos Britt Roelse & Francine Meerveld

Nous avons eu l’occasion de contribuer à la Dutch Design Week en octobre dernier, en fournissant à Francine Meerveld des chutes de nos matériaux emblématiques et durables, issus de nos archives, pour son installation expérientielle et immersive ‘De Trip’.

 

Pour De Trip, elle a construit un environnement sensoriel souterrain évoquant à la fois la tranquillité, une stimulation et un oasis, le tout fondé sur la collaboration et le partenariat. L’éclairage a été conçu par Paul Cremers de spacelab.lighting, l’audio par Marlon van der Pas de _blank, Lingua Planta a parfumé l’air, et des textiles narratifs de Siersema ont accompagné nos matières. 

 

Découvrez De Trip via le diaporama ci-dessus !

Story of the month
Au Pays des Merveilles Parisiennes

Photos : American Supply

Pas de moufles cette année, les magasins ont plutôt joué la carte de la nostalgie des fêtes de fin d’année pleines d’émotions, nous rappelant que c’est un temps pour la famille et la solidarité. Des étoiles aux galaxies, des arbres de Noël aux boules disco, des découpages amusants aux piles de linge, des journées enneigées aux tasses de chocolat au coin du feu, on cherche à évoquer un sentiment d’unité, propre à cette période de l’année.
La tendance actuelle visant à habiller les façades est encore montée d’un cran, avec des sautoirs géants chez Chanel, des sphères lumineuses décoratives chez Cartier, des points cardinaux et des vagues déferlantes chez Christian Dior, des étoiles scintillantes projetées chez Burberry et bien plus encore, décors parfaits pour les selfies des passants émerveillés.
Mention spéciale cette année pour les boutiques de Haute Joaillerie de la Place Vendôme. L’attention portée aux détails et à la construction de mondes fantastiques était sans égale, rehaussant la beauté des bijoux et racontant chaque fois une histoire unique.

 

L’équipe d’American Supply Paris, vous souhaite de belles fêtes de fin d’année !

FLASH INFO
De Trip à la
Dutch Design Week

“De Trip – Descendez pour une expérience exaltante”

une expérience immersive à la Dutch Design Week par Francine Meerveld

22-30 octobre 2022

 

 

Nous sommes heureux de collaborer avec Francine Meerveld à l’occasion de la Dutch Design Week 2022 – le plus grand salon annuel du design en Europe du Nord – pour son installation immersive : De Trip. Francine est architecte d’intérieur et fondatrice de l’agence FELD.

 

Tout le travail de FELD repose sur la conviction que l’on se sent mieux dans des espaces bien conçus. Dotés d’un véritable intérêt pour autrui et son bien-être, nous nous efforçons d’obtenir des résultats qui soient édifiants et inspirants. Notre bureau se caractérise par sa capacité d’écoute. Le contexte est essentiel. Notre force est de voir plus loin, de chercher en profondeur. De cette façon, nous offrons des perspectives innovantes et une créativité spatiale. L’objectif est de mettre en synergie les personnes, l’architecture et l’histoire (de la marque).” Site web de FELD.

 

Lorsque Francine nous a contactés et nous a exposé son concept et sa philosophie de travail, nous avons rapidement compris qu’elle serait une partenaire idéale pour nous. Son approche des matériaux, du design et de la narration correspondait parfaitement à la nôtre. Conformément à nos engagements permanents en matière de durabilité et d’innovation, nous soutenons son projet avec des déchets de matériaux provenant de certaines de nos références les plus emblématiques, notamment Magic Mirror, Tinted PVC, et Creafoam.

Francine a voulu aller au cœur de son processus, et aborder l’installation pour la Dutch Design Week d’un point de vue expérientiel :

 

Je trouve qu’il est important de continuer à réfléchir à mon travail et à mes objectifs. Si FELD part du principe que les gens se sentent mieux dans des espaces bien conçus, que se passerait-il si nous oublions la fonctionnalité et travaillons sur un projet où cette conviction serait le point de départ et l’objectif unique ? Créer un espace qui ne vise que le sentiment, l’être et l’expérience ? Cette pensée est développée dans un projet et un espace réels.

 

Dans cette période trouble, De Trip offre une petite évasion immatérielle, une expérience inspirante dans une autre dimension. Il n’est pas nécessaire d’aller loin pour faire un voyage intérieur.

Nous ne sommes pas le seul collaborateur de Francine pour De Trip, son projet est né d’un désir de collaboration et d’expansion, pour offrir une expérience pleinement sensorielle :

 

De Trip s’est transformé en une expérience immersive grâce à plusieurs grandes collaborations. La conception de la lumière est développée en partenariat avec Paul Cremers de spacelab.lighting. Marlon van der Pas de _blank ajoute à l’installation son talent de concepteur sonore. Lingua Planta trouve les meilleurs aromates afin de garantir un produit de haute qualité et respectueux de la terre. Les textiles narratifs proviennent de Siersema et les matériaux durables innovants sont offerts par American Supply Paris.

 

Nous sommes impatients de vivre la magie de De Trip avec vous, et nous espérons vous retrouver ce mois-ci à Eindhoven pour la Dutch Design Week !

 

 

 

Dutch Design Week

22-30 Octobre 2022

 

De Trip 

Location DDW’22

Gebouw TQ Basement

Achtseweg Zuid 151 

5651 GW Eindhoven

#ASLOVES
Cabanes
Dans les Arbres

Ce mois-ci, #asloves ‘Symbiotic Architecture’, le projet architectural généré par l’IA de l’architecte et concepteur informatique Manas Bhatia.
Le projet a commencé par une enquête utilisant une IA, sur les interactions que nous avons tous pu avoir avec la nature, comme apprécier l’ombre d’un arbre par une chaude journée d’été, lire un journal dans une cour sous un arbre, ou simplement flâner dans un parc pour profiter des teintes changeantes des feuilles. De ces observations est née l’idée d’un “avenir utopique” dans lequel les bâtiments ne seraient pas des machines faites de béton ou d’acier. Au contraire, la structure serait vivante et aurait la capacité de grandir et de respirer. Imaginez un arbre Hyperion (un séquoia de Californie considéré comme le plus grand arbre vivant connu au monde) qui aurait été creusé pour y créer des appartements tournés vers l’intérieur, donnant sur un bio-atrium enchanteur inondé de lumière naturelle. L’utilisation d’une IA telle que #midjourney a permis de conceptualiser certaines des réponses aux questions de l’enquête comme “Les structures peuvent-elles croître ?” “L’enveloppe dans laquelle nous vivons peut-elle respirer comme le font les créatures ?”. 

 

Manas Bhatia, sur son Instagram.

Les résultats sont remarquables, avec des formes architecturales parmi les plus avant-gardistes que nous ayons vues jusqu’à présent ! Un concept magnifique, superbement exécuté.

Images: Manas Bhatia

Story of the Month
Meilleures Fondations

La nouvelle a fait le tour d’Internet ce mois-ci : des chercheurs de l’université RMIT de Melbourne ont réalisé ce que beaucoup pensaient impossible, en mettant au point une alternative durable au béton qui remplace 100 % des agrégats habituels – gravillons, pierres, etc. – par du caoutchouc provenant de pneus de voiture usagés broyés.
Ils affirment que leur nouveau béton, plus léger que l’original, répond aux normes de construction en matière de résistance, objectif jamais atteint jusqu’ici par les autres alternatives aux granulats composées de caoutchouc. Cette nouvelle matière nous redonne l’espoir d’une économie circulaire plus vertueuse et tournée vers l’environnement, car elle est fabriquée à partir de déchets, réduisant ainsi les transports et les coûts de fabrication.

 

‘Nous avons fait la démonstration, grâce à notre méthode de moulage précise, qu’il est désormais possible de passer outre cette ancienne limitation du nombre de particules de caoutchouc dans le béton. La technique consiste à utiliser des moules de coulée au design spécifique, pour compresser de gros granulats de caoutchouc dans le béton frais, ce qui améliore les performances du matériau de construction’

Auteur principal et chercheur en PhD, Mohammad Momeen Ul Islam.

Si le processus était déployé à l’échelle mondiale, il pourrait réduire considérablement notre consommation de ressources naturelles et résoudre le problème permanent des déchets issus de pneus usagés. Les chercheurs ajoutent qu’il pourrait être introduit de manière rentable après des industries produisant déjà du béton traditionnel, ce qui rend sa future diffusion sur le marché très concrète !

Story of the Month
Matériaux
des Rêves

 “The Milk of Dreams doit son titre à un livre de Leonora Carrington (1917-2011) dans lequel l’artiste surréaliste décrit un monde magique où la vie est observée à travers le prisme de l’imagination. C’est un monde où chacun peut changer, être transformé, devenir quelque chose ou quelqu’un d’autre” Cecilia Alemani
Cecilia Alemani est la commissaire de l’exposition du Pavillon central, intitulée “The Milk Of Dreams“, décrivant un monde où “chacun peut changer, être transformé, devenir quelque chose ou quelqu’un d’autre”, ce qui ne pourrait être plus en accord avec notre vision des matériaux. Nous cherchons toujours à révéler le potentiel caché des matières au travers d’utilisations ou de transformations inattendues.

 

Coup d’œil sur les utilisations innovantes des matériaux à la Biennale de Venise, de retour après trois ans d’interruption, et mise en lumière de nos favoris dans les diaporamas ci-dessus !

#ASLOVES
Briques
Botaniques

Nous avons adoré la collection Lego Botanical dès son lancement l’année dernière, avec ses bouquets de fleurs. Nous sommes donc heureux de voir la collection s’étendre avec l’ajout des succulentes et de l’orchidée.

 

Toutes les créations botaniques Lego sont destinées aux adultes et non aux enfants, et constituent des cadeaux parfaits pour ceux d’entre nous qui n’ont pas la main verte !

Composées respectivement de 771 et 608 pièces, les nouvelles plantes peuvent être assemblées au gré de vos envies : les succulentes peuvent être présentées ensemble ou séparément et l’orchidée peut être disposée de différentes manières en faisant pivoter les tiges, les fleurs, les racines et les feuilles pour obtenir le look souhaité. Elles peuvent également être personnalisées en reconstruisant les tiges pour créer de nouvelles combinaisons d’arrangements floraux.
Inspirées de vraies plantes et fleurs, #asloves toutes les pièces de la collection botanique de Lego qui sont destinées à devenir de futurs classiques du design !

Images: Lego

Story of the Month
Dans l’atelier d’Anders Dickson

Ce mois-ci, American Supply présente la première d’une série de conversations avec des artistes utilisant nos matériaux. Nous nous sommes rendus à la célèbre résidence d’artistes de la Cité Internationale des Arts, à côté de l’Île Saint-Louis à Paris, pour rencontrer l’artiste américain Anders Dickson dans son studio afin de discuter de sa méthode de travail, de sa prochaine exposition à Amsterdam, et de ce qu’il aime dans les matériaux American Supply !
AS : Pour commencer cette série de conversations avec des artistes et des designers qui utilisent nos matériaux, nous nous sommes dit, commençons par un artiste !

 

AD : *rires* Je ris parce que lorsque je choisis des matériaux dans votre showroom, je choisis beaucoup de matériaux différents, et j’achète beaucoup de choses en petites quantités, alors que j’imagine que les créateurs de mode choisissent une chose et en achètent de grandes quantités ! J’utilise de très petits morceaux de chaque matériau dans les œuvres comme éléments, et le reste constitue mon stock d’atelier.

 

AS : Tu seras surpris d’apprendre que nous travaillons avec beaucoup de brodeurs qui prennent aussi plein de matériaux différents en quantités réduites dont ils utilisent de petits morceaux pour réaliser des pétales de fleurs, ou autres petits détails dans d’exquises broderies. En comparaison, tu utilises bien plus de matière !

 

AD : Je suis toujours impressionné par l’équipe au showroom et par sa capacité à voir et suggérer des choses. Votre showroom est tellement psychédélique et source d’émotions que, si j’y étais tous les jours, je devrais rentrer chez moi le soir et me mettre dans une pièce blanche entièrement vide pour une désintox sensorielle ! 

Ça a été difficile pour moi ces derniers temps parce que je vis dans un studio de la Cité. Je suis ordonné à la maison, le reste se passe dans le studio. Je viens d’une famille d’ingénieurs et de scientifiques, donc ils ont un esprit très structuré. J’ai étudié la philosophie avant les arts, j’ai donc une tendance à tout structurer, mais j’ai aussi un côté psychotique – j’aime naviguer dans la weirdosphère – et ce qui est génial avec l’art, c’est qu’il vous donne les paramètres pour aller loin dans ce paradigme. C’est facile à faire quand le studio est séparé de la maison, lorsque vous rentrez chez vous, vous pouvez réfléchir à ce que vous avez fait, cuisiner, etc. Cette distance est importante pour moi. J’ai eu la Covid à Noël, et j’ai dû m’isoler ici pendant dix jours qui se sont transformés en trois semaines et demie, atteint de vertiges. Mes perceptions étaient perturbées.

 

AS : As-tu pu travailler à l’atelier pendant cette période ?

 

AD : Comme tu peux le voir, une grande partie du travail est assez intense : rien n’a de forme claire, les matériaux sont variés, les couleurs sont vives, etc. J’utilise aussi beaucoup de colle chaude et je ne voulais rien utiliser qui puisse affecter ma respiration. Pendant cette période, j’ai fini par peindre davantage et dessiner. Le travail pendant la Covid a surtout été une phase préparatoire des idées pour l’exposition qui va avoir lieu à Amsterdam. Dans l’atelier, je m’autorise à être désordonné et chaotique, donc je me suis retrouvé assis à mon bureau, dos à mes œuvres !

Œuvres sculpturales incorporant des matériaux American Supply

Photos : Anders Dickson

AS : Les matériaux toujours plus variés avec lesquels tu travailles sont-ils toujours dans tes œuvres sculpturales ou se retrouvent-ils aussi dans tes peintures ?

 

AD : J’ai tendance à les exposer ensemble pour que l’on n’ait pas l’impression de voir toujours la même chose dans la même pièce. Je pense que pour l’exposition à venir, il y aura une plus petite pièce qui sera le royaume de la peinture, et que les sculptures seront ensemble. Je m’intéresse actuellement à la manière d’intégrer le monde graphique, le plan pictural, dans les objets. Ainsi, il n’y aurait pas de coupure nette entre la représentation et les objets physiques.

 

AS : Il y a aussi beaucoup de peinture dans les sculptures…

 

AD : Je pense que l’art sculptural et l’art de l’installation, commencent par des dessins, des aquarelles, des éléments linéaires et des dégradés de couleurs. J’aime recouvrir les matériaux de peinture. J’ai envisagé d’utiliser des socles pour la prochaine exposition, comme je l’ai fait pour l’exposition chez Balice Hertling,  et à présent je suis intrigué à l’idée – en raison de leur échelle – de présenter les sculptures sur différentes vestes et manteaux. De cette façon, elles ne dépendent pas trop des peintures dans l’espace. C’est juste une idée pour le moment…

 

AS : C’est intéressant parce que tu as fabriqué ces objets dans un espace à la fois personnel et professionnel. Donc, ils fusionnent la vie de studio et la vie réelle, surtout si tu leur tournais le dos pendant leur fabrication !

 

AD : *rires* Oui ! Cela m’intrigue ; je vais prendre beaucoup de vestes avec moi dans ma valise et jouer avec elles dans l’espace.

AS : Comment penses-tu que les matériaux avec lesquels tu travailles se manifestent quand tu les assembles ? Penses-tu qu’ils apportent quelque chose d’eux-mêmes à l’œuvre ?

 

AD : Absolument. Je suis vraiment dans la compréhension du monde par la philosophie du processus, l’ontologie du devenir aussi – je pars d’une impulsion pour faire quelque chose et ensuite j’essaie d’exercer une force sur les matériaux pour qu’ils se conforment à l’idée, ce qui aboutit généralement à une impasse, et ne répond pas à mes attentes. Dans ces moments-là généralement, il y a une phase de destruction où je brise les choses en morceaux ou les couvre de couleurs. 

 

Dans “Zen and the Art of Motorcycle Maintenance”, il y a un grand moment où l’auteur parle de l’idée de ” gumption ” – imaginez que vous essayez d’enlever un boulon : vous essayez tellement fort que vous finissez par l’arracher, donc maintenant, non seulement vous devez enlever le boulon, mais vous devez aussi couper le panneau sur lequel il est monté, ce qui demande encore plus de travail parce que vous êtes si proche du problème que vous ne pouvez pas le voir d’une perspective plus large. À ce moment-là, on s’éloigne pendant dix minutes et on se rend compte qu’il suffit d’un coup sec pour que le boulon se détache plus facilement.

 

Mais je me rends compte que ce moment est important pour moi aussi, parce qu’après ce moment de rupture, les matériaux ne sont plus soumis à mes attentes quant à ce que je veux qu’ils soient, et à ce moment-là, je peux travailler avec eux et voir les qualités que j’ai d’abord vues en eux. La façon dont je travaille avec les matériaux est comme un système de runes, je les rassemble à partir de différentes sources – American Supply, la rue et d’autres fournisseurs – puis j’en sélectionne trois ou quatre et je détermine comment je vais travailler avec eux. Il y a beaucoup d’inconscient à l’œuvre.

 

AS : Est-ce que la composition des matériaux t’intéresse ? Au showroom, nous mettons l’accent sur les matériaux durables, les solutions éco-innovantes, et nous échangeons beaucoup au sujet de la composition des matériaux. Nous encourageons nos clients à travailler avec des matériaux plus adaptés à leur usage. Par exemple, les pièces en plastique thermo-moulé dans les avions sont la solution la plus durable pour cet usage. Elles sont légères – ce qui signifie une plus faible consommation de carburant – et résistantes, ce qui leur confère une longue durée de vie dans un environnement avec beaucoup de passage. La manière dont tu utilises avec parcimonie les matières plastiques dans tes œuvres sculpturales souligne leur caractère précieux. On peut y voir une sorte d’implication écologique.

 

AD : J’aime la transparence et les aspects psychédéliques hallucinogènes de beaucoup de vos matériaux, et je travaille avec eux comme avec le papier mâché et le bois, mais d’un point de vue écologique, même la peinture acrylique est problématique… C’est facile de critiquer le plastique, mais auparavant on utilisait de l’ivoire pour fabriquer les touches de piano, beaucoup d’innovations ont été rendues possibles grâce au plastique. 

J’apporte une touche personnelle à tout ce que je fais, rien n’est sous-traité, j’aime m’en occuper et avoir une relation personnelle avec le matériau. Beaucoup de ces matériaux proviennent d’endroits comme votre showroom – ce qui les rend plus nobles car ils sont plus coûteux que d’autres – mais pour ce qui est du DIY il y a quelque chose dans l’assemblage et le bricolage, et beaucoup d’œuvres sont aussi issues de l’upcycling. La création artistique est transformatrice et alchimique, mais j’aime l’idée de coller et d’utiliser des matériaux qui ont leur propre histoire ou leur ADN pour créer de nouveaux objets.

AS : Les matériaux que tu sélectionnes chez nous sont aussi très techniques, tu choisis des matières à effet lenticulaire, holographique, mais aussi réfléchissant avec les microbilles de verre, etc. Ce ne sont pas des matières qu’on se contente de trouver ; elles peuvent imiter des éléments naturels et jouer avec notre perception, mais elles ont des particularités. 

 

AD : C’est difficile parce que je choisis des objets chez American Supply qui sont si forts et si séduisants que je dois les intégrer dans mon langage. Beaucoup de ces objets sont des objets frénétiques très chargés, qui sont bruyants, donc j’aime l’idée que certaines choses dans l’espace soient plus grandes et plus silencieuses. En pensant au saut statique d’un objet à l’autre, cette pièce dépend de la beauté de ce Reflective Prisme jaune intense. J’ai envie de superposer des aquarelles derrière pour voir l’effet optique particulier de cette matière. 

 

J’ai également intégré le Tinted Fluo rose dans cette œuvre, avec une couche de Reflective Prisme rose par-dessus, ce qui crée presque un trou de ver, avec la distance qui les sépare.

 

AS : C’est presque comme un bassin de réflexion ! C’est très beau.

 

AD : Ou un nombril !

AS : Les clients viennent souvent nous voir à la recherche d’un effet spécifique pour leur projet et nous leur présentons les matières que nous avons en stock, les types de transformation possibles ou bien nous commandons une référence spécifique de notre catalogue, nous discutons des possibilités de mise au Pantone, etc… mais la façon dont tu travailles avec nos matières est très différente, tu es séduit par elles telles qu’elles sont, comme tu le serais par quelque chose que tu pourrais trouver dans la rue, puis tu les collectes, avant de les extraire petit à petit de ta collection, avec d’autres choses, pour des œuvres spécifiques. Elles nourrissent alors non seulement les œuvres sculpturales, mais aussi les peintures, avec leur aspect, leur couleur, leur texture, etc… que je trouve magnifiques, et c’est quelque chose dont je ne m’étais pas rendu compte avant de venir ici, dans l’atelier !

 

AD : C’est ce dont je parlais tout à l’heure, je pense qu’il est très facile d’être séduit par vos matériaux et de vouloir les montrer dans leur forme brute. C’est normal par moments, on peut faire une sculpture seulement avec du plâtre ou du bronze, mais ces matériaux sont très séduisants en eux-mêmes. Je pense qu’ils sont nobles, qu’ils ont une forte valeur, mais ils ne doivent pas être mis sur un piédestal. Ils doivent se frayer un chemin dans l’univers matériel des œuvres, et ne pas simplement prendre le dessus. Dans le passé, j’ai coulé des objets en bronze ou utilisé des argiles époxy coûteuses, mais cette juxtaposition entre dépense et valeur dans les œuvres est parfois problématique. Parfois, la valeur des choses les rend plus difficiles à travailler. Lors de la récente conférence d’Elena Filipovic sur le travail de David Hammons à la Bourse de Commerce, elle a parlé d’une restriction qu’il s’est imposé dans les années 90, à savoir de fixer son budget matériel à 6$ par sculpture ! Au même moment, ses amis travaillaient avec des papiers et des matériaux exotiques, et cette idée me séduit, à savoir qu’il n’est pas nécessaire d’investir exclusivement dans des matériaux coûteux. C’est valable en tant que pratique, mais ce n’est pas ce qui m’intéresse.

 

AS : Bien sûr, et on ne serait pas ici si nous n’étions pas séduits par les matériaux ! Les matériaux sont séduisants et ils ont une charge, un pouvoir et une agence

Œuvres sculpturales incorporant des matériaux American Supply

Photos : Anders Dickson

L’exposition d’Anders Dickson à Amsterdam débute le 23 avril, au centre d’art PAKT :

P/////AKT
Zeeburgerpad 53
1019 AB Amsterdam

Photos : American Supply et d’Anders Dickson, sauf indication contraire.